GIRONDINS. --En prolongeant de deux saisons avec Bordeaux, Wendel espère attirer l'attention du sélectionneur brésilien
Rêve d'auriverde
Heureux hasard du calendrier olympique : la demi-finale du tournoi de football entre l'Argentine et le Brésil était programmée mardi à 15 heures. Wendel put s'installer devant son poste de télévision et ne pas perdre une miette de ce « clasico » sud-américain. Une occasion de rêver en solitaire pour le milieu gauche des Girondins, dont peu de monde connaissait le (pré) nom quand fut donné son premier autographe, en août 2006, sur un certificat d'engagement présenté par Jean-Louis Triaud. Une belle histoire.
Né le 8 avril 1982, ses parents l'ont appelé Wendel bien qu'à l'état-civil de Mariana, au Brésil, petit da Silva hérita aussi des prénoms de Geraldo et Mauricio. À l'en croire, Wendel aurait été une idée de son père à la lecture d'un générique de film. Un patronyme bien ancré dans le Sud-Ouest, de Marmande à Périgueux.
Prénom de nom. Va donc pour Wendel puisqu'au Brésil, d'un club à l'autre, on est (re) connu sous un un diminutif ou un petit nom : Kana, Nene, Ronaldo, Ronaldinho, André Luis, Cris... Henrique ou Fernando. Et ce Wendel-là pourrait bien à son tour enfiler le maillot « auriverde » (1), si d'aventure, comme la saison dernière, il enfile les buts (12) et les passes (6). Au point d'être nominé parmi les quatre meilleurs joueurs du championnat 2007-2008, et de susciter soudain la convoitise des clubs étrangers. « Des clubs italiens et portugais, précise Wendel, mais je n'ai pas donné suite car mon envie était bien de reconduire mon contrat avec les Girondins ». Ce qui fut fait au début de l'été, pour le plus grand bonheur des supporteurs du club marine et blanc qui, sur Internet, l'avaient désigné comme leur « joueur de l'année ».
Même s'il dit n'avoir « pas encore la pointure de Juninho » sur coups francs, Wendel s'est taillé en France une solide réputation dans l'exercice des coups de pied arrêtés. À gauche ou à droite même si, depuis le match de préparation contre Ajaccio, il partage l'exercice avec Yoann Gourcuff selon l'ouverture des angles de tir. « Qu'importe le tireur si c'est l'équipe qui en tire profit », dit ce garçon chez qui se confondent la gentillesse et l'intelligence. Jamais un mot plus haut que l'autre dans le vestiaire et sur le terrain, et des mots dans un français si impeccable qu'on ferait volontiers de lui l'interprète de Ricardo pourtant arrivé quinze ans plus tôt en France.
Souvent sollicité, Wendel ne rechigne pas au supplice des séances d'interview. À cette question lancinante : « Et si demain le sélectionneur vous appelait ? » Toujours le même sourire. « J'en rêve, répond-il, mais je sais que cette éventualité passera obligatoirement par un bon comportement en club. Pour être suivi au Brésil, il faut que je sois performant avec les Girondins. Dans le championnat, bien sûr, mais aussi et surtout dans la Ligue des champions. Mes compatriotes se polarisent sur les Brésiliens qui jouent au FC Barcelone, à Manchester United ou au Bayern Munich, des clubs qui vont loin en coupes d'Europe. Cette année, je crois qu'on a une équipe pour les imiter. Tous les postes ont été doublés. Gourcuff et Gouffran ont montré ce qu'ils pouvaient apporter, et Placente ne devrait pas tarder ».
Plus offensif. Si Wendel admet que ce fut une chance pour lui de débuter une carrière française sous les ordres de Ricardo, il se sent plus en communion avec le football prôné par Laurent Blanc. « Il est plus offensif, et ça me va. Avoir peur de jouer l'attaque, c'est se condamner à terminer ses matches sur des scores de 0-0. Et aussi à se faire prendre en contre comme il nous est arrivé devant Caen, même si on s'est sortis d'affaire. Car les occasions, on les a eues. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas contre Paris ».
Ce dernier résultat, est-il pour l'inquiéter ? « Non. Si on n'a pas su pousser nos actions, on a quand même eu l'emprise sur le jeu durant les deux tiers du match ». Dire que, l'an passé, c'est justement contre le PSG que Wendel avait réussi son coup du chapeau (3-0, 27e journée) trois mois après avoir signé un premier triplé contre Toulouse (4-3, 16e journée) !
(1) On appelle « auriverde » (oro y verde en espagnol) les joueurs de l'équipe brésilienne, comme on dit les « Bleus » pour les internationaux français.